Les Régions Viticoles

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Alsacecelle-la

S’étendant sur le versant oriental des Vosges, le vignoble alsacien, d’une superficie de 13.000 hectares, se réparti entre le Haut-Rhin pour les deux tiers et le Bas-Rhin pour l’autre tiers. Ce long ruban de 120 km de long est abrité des vents humides de l’ouest par le relief montagneux. Il bénéficie d’un climat semi-continental, sec et ensoleillé, clé de la réussite des vins d’Alsace. Malgré une histoire tumultueuse, le vignoble alsacien a su privilégié ses qualités traditionnelles, qui font son succès aujourd’hui.

Après les épreuves des deux guerres mondiales, le vignoble a été entièrement reconstitué. La sévère politique de qualité a fini par donner ses fruits, et en 1962, le vin d’Alsace fut reconnu vin d’appellation d’origine contrôlée. Environ 93 % de la production de vin AOC sont blancs, 7 % sont rouges ou rosés. Le premier critère de distinction du vin d’Alsace est le nom du cépage. En effet, le vin porte le nom de la variété de raisin employée.

 

Bordeauxcelle-la

Caractérisé par sa diversité, le Bordelais est le plus important vignoble de vins fins de France. Sur ses 100.000 hectares de vignes, on compte une trentaine d’appellations contrôlées spécifiques (Margaux, Saint-Emilion, Pomerol, Sauternes etc.) et plus de 5.000 « Châteaux » dont 2.000 sont particulièrement représentatifs.

Une fois de plus, dans l’histoire de la vigne et du vin, les Romains ont laissé leur empreinte. Burdigala, la capitale de la Gironde, faisait déjà parler d’elle un demi-siècle av. J.C., et des auteurs comme Pline l’Ancien, et quatre siècles plus tard le poète Ausone, parlent des qualités des vins de cette région. Le développement viendra sous la domination anglais (XIIIe-XVe siècle), avec l’exportation des vins vers tout le nord de l’Europe, puis aux XVIIIe et XIXe siècles, où une véritable maîtrise de la viticulture donnera des produits d’exception, que les habiles négociants bordelais sauront vendre un peu partout dans le monde.

Les atouts du Bordelais consistent en un climat favorable harmonisant humidité et ensoleillement, des sols graveleux (graves), et enfin un savoir-faire viticole de plusieurs siècles. Les bordeaux ont fait l’objet de plusieurs classements, dont le premier date de 1855, à l’occasion de l’Exposition universelle, qui ne s’applique qu’aux médocs et aux sauternes. Même s’il est souvent contesté (les qualités se sont améliorées), il n’a jamais été révisé. Les graves et saint-émilion ont bénéficié des classements de l’INAO dans les année 1950, et le syndicat du Médoc a fait de même pour ses crus bourgeois.

 

celle-laBourgogne

Commencée à Chablis, se poursuivant par la Côte-d’Or qui comprend la Côte de Nuits et la Côte de Beaune, s’allongeant sur la Côte chalonnaise et le Mâconnais, la Bourgogne viticole s’achève sur le Beaujolais, à la limite de Lyon – au total plus de 30.000 hectares plantés en pinot noir, grand seigneur dominant des vins rouges (exception faite des gamays noirs au jus blanc, qui règnent dans le Beaujolais), et en chardonnay pour les blancs.

L’histoire du vignoble de cette région a commencé à l’ère gallo-romaine, période déjà prospère. La vigne pris son essor avec l’implantation des abbayes (comme celle de Cîteaux), et poursuivit son développement grâce à la protection des ducs de Bourgogne, puis de rois et de la Cour.

Les ravages d’une chenille, la pyrale, du phylloxéra et de l’oïdium faillirent mettre un terme définitif à l’exploitation des vignoble bourguignons. Il a fallu toute la volonté des vignerons et le sérieux des organismes officiels pour rétablir la prospérité et redonner aux vins de Bourgogne la gloire qu’ils possèdent aujourd’hui.

 

Champagnecelle-la

Sur cette côte crayeuse formant un vaste point d’interrogation, poussent les vignobles les plus réputés du monde. En effet, dans tous les pays, le vin de Champagne est synonyme de fête, de célébration, d’événements heureux ou de victoire. Une bien belle renommée, construite au fil des siècles par les grands hommes qui l’ont apprécié mais aussi et avant tout grâce aux qualités propres au champagne.

Le vignoble champenois s’étend sur plusieurs départements : la Marne, l’Aube, l’Aisne, la Haute-Marne, la Seine-et-Marne. Il se réparti en quatre zones principales :  la montagne de Reims, la vallée de la Marne, la Côte des Blancs (presque uniquement en raisins blancs) et les vignobles de l’Aube. Environ 35.000 hectares sont plantés en pinot meunier (45 %), pinot noir (30 %) et chardonnay (25 %).

C’est la craie qui offre aux vins champenois finesse et légèreté. Absorbant l’excès d’eau, elle sait conserver et restituer humidité et chaleur solaire. La vinification fait l’objet d’un traitement particulier, connu sous le nom de « méthode champenoise ».

Les champagnes sont classés selon différents types, liés à la cuvée ou à leur dosage. Ils peuvent ainsi être traditionnels, c’est-à-dire constitués d’un mélange de cuvées de différentes années ; millésimées (de la même année) ; blanc de blancs (fait uniquement avec des raisins blancs) ; « cuvée spéciale » (chaque grande maison fait la sienne) ou enfin rosés (colorés au vin rouge de Champagne). L’importance de la liqueur de dosage les classifie en brut, extra-dry, sec, demi-sec et doux. Autre appellation : les crémants, à mousse plus légère. Une partie seulement des vignerons assurent la vinification, ce sont des récoltants manipulant (RM). Les autres produisent du raisin et vendent soit aux coopératives, soit aux grandes maisons de négoce, dont certaines ne sont aucunement propriétaires de vignoble.

 

celle-laCôtes du Rhône

Vaste domaine que celui dénommé Côtes du Rhône. Il commence au sud de Lyon, suit la vallée du Rhône, étroite bande coincée entre le fleuve et le Massif central, puis peu à peu s’élargit, s’offre une escapade dans la vallée de la Drôme, disparaît un moment, puis s’étale largement, profitant du moindre relief de la plus modeste vallée, grimpant jusqu’aux premiers contreforts du massif des Alpes. C’est la Durance qui l’arrête et fixe les limites avec la Provence viticole.

En fait, on considère qu’il comprend deux entités géographiques bien distinctes : les Côtes du Rhône méridionales, qui reprennent après le défilé de Donzère et s’ouvrent sur les départements du Gard, de la Drôme et du Vaucluse. Les premiers utilisent bien souvent un cépage unique comme la syrah pour les rouges et le viognier, la roussanne ou la marsanne pour les blancs. Cela donne des appellations confidentielles comme château-grillet (3 hectares), ou nettement plus vastes comme crozes-hermitage (plus d’un millier d’hectares), toutes d’un caractère très marqué, aux vins riches et charnus.

Les seconds multiplient à plaisir la diversité jouant sur une vingtaine de cépages différents avec des bases de grenache, syrah, mourvèdre et cinsault pour les rouges et de clairette, bourboulenc, roussanne, grenache blanc et piquepoul pour les blancs. C’est la grande région des côtes-du-rhône et côtes-du-rhône-villages, des côtes-du-tricastin, côtes-du-ventoux, côtes-du-lubéron. C’est aussi le lieu de naissance des capiteux châteauneuf-du-pape, des élégants tavels et des gigondas charpentés.

 

Languedoc-Roussilloncelle-la

Immense région viticole, le Languedoc-Roussillon est compris dans une sorte de quadrilatère allant des Pyrénées-Orientales jusqu’aux rives du Rhône, limité au nord par les contreforts du Massif central et au sud par la Méditerranée. C’est d’ailleurs cette mer qui influence beaucoup le climat et offre à la culture une certaine douceur et régularité des températures.

Sur cette terre prédisposée à l’économie viticole, les Romaines se sont lancés à fond dans la culture de la vigne. Le vignoble de la Narbonnaise s’étend autour des villes portuaires, le long des fleuves et jusqu’aux Cévennes. A leur tour, les moines bâtisseurs du Moyen Âge jouent un rôle déterminant dans la plantation de vignes et amorcent une période de développement Les premières guerres de Religion l’arrêtent au début du XIIIe siècle. La prospérité commerciale reviendra au XVIIe siècle, avec la construction du port de Sète et l’aménagement du canal du Midi qui vont ouvrir la voie au transport des vines et des alcools. Après les guerres civiles, c’est la nature qui manque de détruire le vignoble du Midi. Oïdium, phylloxéra, mildiou malmènent la vigne, mais font naître parmi les vignerons une certaine solidarité ; les premières caves coopératives s’organisent. Depuis vingt ans, le vignoble a connu une profonde restructuration avec un développement de cépages méditerranéens. Vinification séparée, assemblages, culture raisonnée, maîtrise des rendements ont donné à cette région d’excellents vins AOC.

Les cépages multiples tels que le grenache, le mourvèdre ou la syrah, vedette des nouvelles plantations, ou encore le carignan et le cinsault, pour le rouge et le rosé, donnent des vins intenses, ample et ronds. Le grenache blanc, bourboulenc, macabeu, la marsanne, la roussanne entre autres, pour le blanc, offrent des vins fins et floraux, harmonieux, entre onctuosité et vivacité.

Autre spécialité du Languedoc-Roussillon, les vins doux naturels sont réalisés par mutages, opération qui consiste à arrêter la fermentation par adjonction d’alcool, ce qui permet au vin de garder une partie de ses sucres. Les vins doux naturels sont produits à 98 % en bordure de la Méditerranée sur des sols ensoleillés, secs et pauvres.

 

celle-laSud-Ouest

Entre le Bordelais, l’Auvergne et le Languedoc-Roussillon s’étend une vaste région vinicole qui regroupe sous la dénomination générale de vins du Sud-ouest de multiples appellations. Souvent moins connus du grand-public, ces vins dissimulent sous leur diversité d’étonnantes personnalités, dues en partie à l’utilisation de cépages locaux tels que la négrette ou le tannat. Certains ont connu autrefois de belles heures de gloire. Ainsi les vins de l’arrière-pays aquitain ont-ils longtemps trouvé le chemin de l’Océan et la route vers la lointaine Angleterre, tant les besoins étaient grand. Mais ces vins du « haut pays » plaisaient trop et risquaient de faire ombrage à leurs proches voisins. Ils durent se replier sur un secteur plus limité. Rois, nobles et écrivains leur donnèrent leurs lettres de noblesse.

Quelques siècles plus tard, les réputations ne sont plus dues aux grands hommes mais aux résultats du long travail des viticulteurs vers une amélioration constante de la qualité. Cette recherche, complétée de l’implantation de coopératives, a permis de sauver de nombreuses petites appellations. Très dispersés, les vins du Sud-Ouest peuvent se classer dans quatre zones selon leur affinités géographiques : le Bergeraçois (Bergerac, Pécharmant, Montbazillac, Montravel), l’Agenais (Duras, Marmandais, Buzet, Brulhois), la vaste zone située entre le Lot et la Garonne se subdivisant elle-même en trois régions : Quercy (Cahors), Rouergue (Marcillac, Estaing, Entraygues) et Tarn (Gaillac, Frontonnais), et enfin le Béarn (Tursan, Madiran, Jurançon, Irouléguy).